Assurland

Nissan e.dams rêve du titre.


Jusqu'à présent, Nissan e.dams a peiné à se hisser au niveau du palmarès de son ancêtre Renault e.dams, mais perfectionnisme et ambition donnent de l'espoir aux pilotes de la structure sarthoise. Nissan e.dams peut-il retrouver les sommets en Formule E ? Pour les trois premières saisons du championnat tout électrique, l'écurie alors baptisée Renault e.dams avait écrasé la concurrence avec trois titres chez les équipes et celui de Sébastien Buemi côté pilotes en 2015-16, pour un total de 15 victoires en 33 courses (12 à l'actif de Buemi, trois de son coéquipier Nicolas Prost). Mais depuis le début de l'ère Gen2, c'est plus compliqué. Nissan avait conçu un innovant double moteur pour la saison 2018-19 et faisait preuve d'une rapidité foudroyante malgré quelques pépins techniques, mais ce concept a été rendu illégal pour éviter une course à l'armement, alors que l'écurie commençait tout juste à le maîtriser. Résultat : la quatrième place du championnat il y a deux ans, puis la seconde en 2019-20, mais seulement deux victoires à se mettre sous la dent sur cette période. "En saison 5, nous avons montré des éclairs de rapidité incroyable", souligne Oliver Rowland. "À nous deux, nous avons fait six poles. Depuis [l'arrivée de Nissan] nous sommes probablement passés en Super Pole plus souvent que toute autre équipe [26 fois sur 46 possibles, ndlr]. Mais côté constance, nous avons fini quatrièmes pour notre première saison [avec Nissan] puis deuxièmes l'an dernier. Nous étions quatrième et cinquième au championnat des pilotes. Du point de vue de Nissan, c'est très difficile de faire mieux que cette deuxième place, mais c'est l'objectif." Pour ce faire, le nouveau groupe propulseur qu'adoptera Nissan e.dams à partir de la troisième manche de la saison devrait finir de rattraper le retard pris lorsque l'écurie a dû adopter un moteur unique il y a un peu plus d'un an. "Pour être objectif, au niveau du moteur en soi, il n'y a pas un retard énorme : si vous voulez, les moteurs électriques sont quand même quelque chose d'assez limité aujourd'hui, ils ont une efficacité très, très bonne, c'est donc très difficile d'amener beaucoup de performance de ce côté-là", analyse Sébastien Buemi à notre micro. "Par contre, nous avions un énorme retard au niveau des logiciels, de la gestion d'énergie, et tout ça. Parce qu'en fait, quand nous avions notre double moteur, nous avons mis énormément d'énergie pour le faire fonctionner, et nous en avons mis moins ailleurs – parce qu'à un moment, on fait avec les ressources qu'on a. Ce qui s'est passé, c'est que comme ça a été interdit, tout ce que nous avions mis dans notre double moteur, nous l'avons 'jeté', et il a fallu rattraper le retard sur tout ce qui était logiciel et gestion d'énergie." "L'année passée, un petit peu grâce au COVID – malheureusement – nous avons réussi à faire du gros boulot entre Marrakech et Berlin [lors du premier confinement]. Nous avons réussi un petit peu à rattraper encore un peu plus le retard." En parallèle, l'écurie a dû composer avec la perte de son fondateur Jean-Paul Driot en août 2019. Depuis lors, elle est dirigée par ses enfants Olivier et Grégory Driot, main dans la main avec le directeur général de DAMS, François Sicard. "Si vous voulez, ça n'a pas été une période facile", reconnaît Buemi. "Pour être clair, ça a été difficile, surtout que Jean-Paul était très présent, même jusqu'à la fin par téléphone. Il faut aller de l'avant, et ils font du mieux qu'ils peuvent. Nous essayons d'améliorer ensemble. Après, nous sommes dans un milieu où si l'on ne s'améliore pas, on recule. Il faut absolument aller de l'avant. En une année, l'équipe a déjà énormément grandi. C'est un peu plus compliqué qu'une équipe de F2 ou de F3, où tu connais exactement ton personnel, ça ne change pas, la structure non plus. Là, c'est un changement constant, il y a des constructeurs… Honnêtement, ils se donnent à fond. Avec François, Greg et Olive, nous avons fait du bon boulot." Les bases sont donc posées, mais quelles attentes peut-on avoir pour cette septième saison de Formule E ? Pour Oliver Rowland, qui attaque sa troisième campagne dans la discipline, c'est très clair. Après avoir signé trois pole positions en 2018-19 puis remporté sa première victoire l'an passé à Berlin, le Britannique vise le titre : "Il faut que ce soit l'objectif. La prochaine étape est forcément d'essayer de jouer le championnat." "Seb a un superbe palmarès en Formule E ; finir à un point de lui [au classement général] était une belle réussite. De plus, l'an dernier, beaucoup de choses ne sont pas allées dans mon sens : j'ai eu un gros accident à Santiago et quelques pénalités sur la grille pour des choses hors de mon contrôle. Je pense donc avoir le potentiel pour faire mieux que cinquième au championnat." Buemi est d'accord sur le potentiel dont dispose son coéquipier : "Il est devenu très, très bon, il a terminé à un point de moi l'année passée. Cette année, il faudra compter sur lui pour se battre aux avant-postes, ça, c'est sûr. Dans l'intérêt du team, c'est sûr que c'est très, très bien, et moi, ça me pousse à m'améliorer, à essayer de faire le mieux possible." Poussé dans ses retranchements, le recordman de victoires en Formule E se remet en question dans tous les domaines. "Partout", confirme-t-il. "On se dit partout qu'on pourrait faire mieux." "De toute façon on ne fait que ça, chercher à faire mieux, parce qu'on voit que si on ne fait pas mieux, on terminera derrière. Aujourd'hui, c'est une catégorie où si on ne s'améliore pas, il n'y a rien d'acquis. Ce n'est pas parce qu'on a fini quatrième du championnat, ou troisième, ou deuxième, que cette année en faisant la même chose, on arrivera à être devant." Mots de sagesse de la part de celui qui, justement, s'est classé dans le top 4 lors des six premières saisons de Formule E. Va-t-il réitérer cette performance ?